L. v. BEETHOVEN Symphonie n°4 en si b M op. 60
F. SCHUBERT Messe n°6 en mi b M D. 950
Serafina Starke, soprano
Sophie Harmsen, mezzo-soprano
Benjamin Hulett, tenor
Ilker Arcaÿurek, tenor
Johannes Kammler, baryton
Collegium Vocale Gent
Philippe Herreweghe, direction
La Quatrième symphonie en si bémol majeur op.60 contraste par sa légèreté, son raffinement, son humour, avec les deux monuments qui l’entourent que sont l’Eroica et la Cinquième. « Une menue dame grecque prise entre deux dieux nordiques » disait Schumann. Lorsque Beethoven entame sa composition en 1806, il vit un des moments les plus paisibles de sa vie. L’œuvre est le fruit d’une commande du comte Franz von Oppersdorff, parent du protecteur de Beethoven, le prince Lichnowsky. Alors que le comte séjournait à la résidence d'été de Lichnowsky, il put rencontrer le compositeur et entendit sa Deuxième Symphonie. Il l'aima tellement qu'il lui offrit une importante somme d'argent pour qu'il lui en compose une nouvelle. D’une forme plus « classique » que la Troisième, la Quatrième s’inscrit dans la continuité des deux premières symphonies, très marquées par l’héritage de Mozart et Haydn. Elle se conclue d’ailleurs par un jeu de cache-cache entre le basson solo et le reste de l’orchestre dont l’espièglerie et l’art de la surprise semblent tout droit sortis d’une symphonie de Haydn.
D'une vingtaine d'année sa cadette (1828), la Messe de Schubert n.6 en mi bémol Majeur D. 950 est l'œuvre d'un jeune homme de 31 ans qui va mourir dans quelques mois. Dans toute l'histoire de la musique, il est assurément peu de périodes aussi brèves qui virent éclore de la main d'un même compositeur une telle quantité de chefs d'œuvres. L'année 1828 sera pour Schubert celle de la Grande symphonie n.9 en ut M, des trois dernières sonates pour piano (D.958-960), du cycle de lieder Schwanengesang D.957, ou encore du Quintette à deux violoncelles D. 956 et de la Fantaisie pour piano à quatre mains D. 940. Bien moins célèbre que ces monuments, la grande Messe D. 950 est ce qu'il est convenu d'appeler, ici à juste titre, un chef d'œuvre méconnu.
Cinq ans après la Missa Solemnis de Beethoven (1823), Schubert rejoint le panthéon de ses aînés et inspirera les grands jalons choraux de la fin du XIXè siècle, comme la messe en fa mineur d'Anton Bruckner.