Orchestre des Champs-Elysées

Mozart Messe ut mineur

W. A. MOZART Concerto pour clarinette en la M K. 622 (*)
W. A. MOZART « Meistermusik » en ut m K. 477 (**)
W. A. MOZART Messe en ut m K. 427 (***)

Nicola Boud, clarinette de basset (*)
Regula Mühlemann, soprano (***)
Eva Zaïcik, mezzo soprano (***)
Werner Güra, ténor (***)
Thomas Bauer, baryton (***)

Collegium Vocale Gent (**) et (***)
Philippe Herreweghe, direction

 

Ce programme du printemps 2027 revêt pour l'Orchestre des Champs-Élysées un caractère très particulier puisqu'il célèbrera les 80 ans de son chef fondateur Philippe Herreweghe.

La soirée s'articule autour de la Messe en ut mineur K. 427 de Mozart, pilier de notre répertoire et de notre discographie, mais aussi symbole de la démarche d'une interprétation historiquement informée, élaborée grâce à la connaissance des maîtres du passé. Ce chef d'œuvre est nourri de ceux qui l'ont précédé, comme Philippe Herreweghe interprète le répertoire des XVIIIe et XIXe siècles grâce à sa connaissance intime de Bach ou de Schütz.

Curieux paradoxe de penser que les deux grands chefs d’œuvre de la musique chorale religieuse de Mozart, la grande Messe en ut mineur et le Requiem, ne sont achevés ni l’un ni l’autre, et qu’ils sont pourtant des accomplissements, des jalons dans l’histoire de la musique.
La Messe, peut-être plus encore que le Requiem, est très nettement marquée par la découverte par Mozart de l’œuvre de Bach, peu avant sa composition. Pour chœur, orchestre et quatre solistes, son effectif est en tous points semblable aux modèles de l’époque baroque. La géniale inspiration mélodique mozartienne des airs pour une ou deux sopranos (pas de mezzo dans ce quatuor de solistes) alliée à une grande maîtrise du contrepoint dessine un édifice d’un équilibre parfait entre une profonde émotion à hauteur humaine et une cathédrale sonore d’une inébranlable ferveur.

C'est ce même esprit de filiation, de développement et d'épanouissement au fil du temps que Nicola Boud incarnera en interprétant le merveilleux concerto pour clarinette de Mozart. Issue du Jeune Orchestre de l'Abbaye, Nicola a ensuite intégré l'Orchestre des Champs-Élysées pour en devenir sa clarinette solo. Musicienne d'orchestre, chambriste et concertiste accomplie se produisant à travers le monde, elle est également une pédagogue recherchée des grands conservatoires européens, et représente à tous ces titres un magnifique exemple d'épanouissement d'une artiste que notre orchestre a vu grandir en son sein.

Difficile d'imaginer, à l'écoute de ce concerto pour clarinette, que Mozart se trouve en ce mois d'octobre 1791, deux mois avant sa mort, dans une position financière et sociale désespérées. L'œuvre est lumineuse et tendre, le premier mouvement et le finale en rondo sont d'une gaîté pimpante. Le mouvement lent respire humanité et calme consolateur. Les qualités vocales de la clarinette élèvent et bercent, en dialogue permanent avec l'orchestre. La coda prend tout son temps pour quitter l’auditeur, comme à regret, l’enveloppant de sa sublime amitié.

Crédits photo: 
F. Schiarolli