F. SCHUBERT Symphonie en si m D. 759 « Inachevée »
L. v. BEETHOVEN Symphonie n°7 en la M op. 92
Philippe Herreweghe, direction
Si la composition de la Symphonie « Inachevée » en si mineur D. 759 de Schubert a commencé en 1822 (en remerciements à la Société musicale de Styrie qui venait de le faire membre d’honneur), sa création a eu lieu seulement en 1865, près de 40 ans après la mort du compositeur. Seuls les deux premiers mouvements Allegro moderato et Andante con moto ont été terminés. L’esquisse pianistique du Scherzo ainsi que deux pages orchestrées et une ligne mélodique pour la première partie du trio qui nous sont parvenues ont donné lieu à diverses tentatives de complétion. Et c’est l’Entracte en si mineur de Rosamunde qui servit de Finale lors de la création. Ce sont aujourd’hui les deux premiers mouvements seulement qui sont interprétés. Leur puissance dramatique inouïe a offert une postérité inattendue non seulement à ce « demi » chef d’œuvre mais a surtout grandement participé à construire la renommée universelle de son auteur.
À cette « Œuvre "immobile" dans son tournoiement de thèmes ressassés », comme Patrick Szernovicz décrivait l'« Inachevée », succède ici le tourbillon de l’« Apothéose de la Danse », selon les mots de Richard Wagner. Composée entre 1811 et 1812, la Septième symphonie est donnée pour la première fois le 8 décembre 1813 dans la grande salle de l’Université à Vienne. La création est un succès total : l’Allegretto est joué deux fois de suite tant le public est enthousiaste. Les premières esquisses de l’automne 1811 montrent un travail d’abord axé autour de motifs rythmiques. Ceux-ci forment la pierre angulaire de chaque mouvement, lesquels sont construits principalement autour d’une ou deux cellules spécifiques. Le « pôle de référence » est moins ici l’élément mélodique ou le timbre que la « configuration rythmique ». L’œuvre est caractérisée par une grande vitalité et une dynamique quasiment ininterrompue, emportant l’auditeur, en particulier dans le final, dans un mouvement proche de la transe. Les cordes graves, dont Beethoven a exigé qu’elles soient étoffées et renforcées à la lumière des premières répétitions organisées dans les appartements de l’archiduc Rodolphe le 21 avril 1813, impulsent, comme autant de battements de cœur, l’énergie vitale de cette symphonie où le rythme est roi.