Orchestre des Champs-Elysées

Festivals 2019 :

Saintes / Salzburg

F. MENDELSSOHN « Mitten wir im Leben sind » op. 23/3 (16/07)
A. BRUCKNER Aequale n°1 (16/07)
A. BRUCKNER « Christus factus est » (16/07)
A. BRUCKNER Aequale n°2 (16/07)
J. BRAHMS « Warum ist das Licht gegeben dem Mühseligen ? » op. 74 (16/07)
A. BRUCKNER Messe n°2 en mi mineur WAB 27 Zweite Fassung 1882 (16/07)

Collegium Vocale Gent
Philippe Herreweghe

J. BRAHMS Double concerto pour violon et violoncelle en la m op. 102 (20/07)
A. DVORAK Symphonie n°8 en sol M op. 88 (20/07)

En partenariat avec le Jeune Orchestre de l’Abbaye
Carolin Widmann, violon
Marie-Elisabeth Hecker, violoncelle
Philippe Herreweghe

G. P. PALESTRINA Lamentationes Hieremiae Prophetae, Feria VI (In Parasceve) (23/07)
T. L. d. VICTORIA Miserere mei Deus (23/07)
T. L. d. VICTORIA Lamentationes Ieremiae Prophetae (Sabbato Sancto) (23/07)
A. BRUCKNER Messe n°2 en mi mineur WAB 27 Zweite Fassung 1882 (23/07)

Dorothée Mields, Barbora Kabatkova, sopranos
Alex Potter, Benedict Hymas, altos
Sameul Boden, Tore Tom Denys, ténors
Peter Koiij, Jimmy Holliday, basses
Solistes du Collegium Vocale Gent
Collegium Vocale Gent
Philippe Herreweghe

 

De la même manière que la figure tutélaire de Brahms fut incontournable dans l’Europe musicale de la seconde moitié du XIXème siècle, elle est omniprésente, comme en filigrane, dans les deux programmes donnés cette année lors du Festival de Saintes.

La Messe n°2 en mi mineur de Bruckner (1866, 1882) pour chœur à huit voix et vents, autour de laquelle est articulé le concert du 16 Juillet, tient d’abord de l’hommage aux maîtres de la Renaissance, Palestrina en tête, mais plus largement d’une singulière synthèse de l’art choral au fil des styles, tant l’architecte Bruckner y introduit également des traits caractéristiques des époques classiques et romantiques. Brahms, qui déclarait à la toute fin de sa vie : Bruckner ? C’est une supercherie qu’on aura oublié un an ou deux après ma mort, avait indéniablement en commun avec celui à qui il manifestait ici si peu d’estime une passion pour les grands compositeurs du passé, lesquels irrigueront toute son œuvre. Nulle surprise de voir ici mis en regard de la Messe, outre un motet de Bruckner et un autre de Mendelssohn, le magnifique motet de Brahms Warum ist das Licht gegeben dem Mühseligen ? (Pourquoi la lumière est-elle donnée aux misérables ?) (1877) dans lequel le compositeur renoue avec le motet funèbre (Trauermusik) cher à J.S. Bach.
La reprise de cette Messe au prestigieux Festival de Salzburg le 23 Juillet permettra une seconde mise en regard tout aussi éclairante, grâce cette fois à une première partie entièrement consacrée aux deux génies de la Renaissance que sont Palestrina et Victoria.

Au contraire de Bruckner, Dvorak put compter sur l’admiration et le soutien de Brahms dès ses débuts, ce dernier demandant notamment à son éditeur Simrock de faire éditer les œuvres de son cadet. La Huitième Symphonie est l’œuvre d’un presque quinquagénaire. Lumineuse et pleine d’une énergie roborative, elle est le fruit des promenades inspirantes du compositeur autour de sa villégiature de Vysoka dans l’été finissant de 1889. Elle est à la fois tout à fait personnelle, selon les propres mots de Dvorak  qui voulait « qu’elle [mette] en œuvre des idées personnelles de manière nouvelle », mais également empreinte du romantisme germanique qui l’a tant inspiré, celui de Brahms en tête. Le scherzo n’est autre qu’un reflet tchèque des Poco Allegretto chers à  Brahms, tel celui de sa  Troisième Symphonie (1883).
Si le Double concerto de ce dernier, forme concertante à plusieurs instruments à nouveau empruntée aux temps passés, débute de manière plus véhémente, on retrouve dans son deuxième mouvement cette plénitude chantante de la Symphonie de Dvorak, presque élégiaque. Le Finale Vivace non troppo prend la forme d’un tourbillonnant rondo aux rythmes hongrois, qui nous rappelle cet attachement commun de Brahms et de Dvorak aux cultures populaires auxquelles ils rendront si bien hommage, l’un dans ses Danses Hongroises, l’autre dans ses Danses Slaves.
Familier du Concerto pour violon en ré M, l’Orchestre des Champs-Elysées accompagnera pour la première fois ce Double Concerto de Brahms. Quelles meilleures guides pour cette première que les deux merveilleuses artistes Carolin Widmann et Marie-Elisabeth Hecker, toutes deux chambristes hors pair !

Crédits photo: 
Lennard Rühle / Harald Hoffmann