Orchestre des Champs-Elysées

Mozart #1 / Requiem

W.A. MOZART Requiem en ré mineur K. 626
W.A. MOZART Symphonie n°41 ut Majeur K. 551  « Jupiter » (sauf 25/10)

Emöke Baráth, soprano
Eva Zaïcik, mezzo-soprano
Maximilan Schmitt, ténor
Florian Boesch, baryton

Collegium Vocale Gent
Philippe Herreweghe, direction

Voilà huit ans que l’Orchestre des Champs-Elysées, le Collegium Vocale Gent et Philippe Herreweghe n’avaient pas sillonné l’Europe avec cette œuvre emblématique de leur histoire commune qu’est le Requiem de Mozart. Comme pour laisser entre chaque rendez-vous le temps à l’interprétation de ce chef d’œuvre de se régénérer, de se purifier. Ils retrouveront ici le ténor Maximilian Schmitt et le baryton Florian Boesch, partenaires de longue date, et noueront une collaboration nouvelle avec deux merveilleuses voix : la soprano hongroise Emöke Barath et la mezzo soprano française Eva Zaïcik, Révélation lyrique aux Victoires le musique classique 2018 et lauréate du concours Reine Elisabeth la même année.
La somptuosité de cette nouvelle tournée européenne est à la mesure de l’événement : pas moins de neuf concerts dans les plus belles salles d’Europe, parmi lesquelles le Konzerthaus de Vienne, la Elbphilharmonie de Hambourg, la Philharmonie du Luxembourg, le Alte Oper de Francfort, la Liszt Academie de Budapest, et le Théâtre des Champs-Elysées à Paris.
L’enregistrement du Requiem par Philippe Herreweghe pour Harmonia Mundi en 1997, alliance de sobriété et de ferveur, reste un indispensable de la discographie. Nourrie par la pratique de l’œuvre de Bach, son interprétation brille par sa rigueur et sa transparence contrapuntique. 

La découverte de l’œuvre de Bach par Mozart au début des années 1780 fut certainement un des grands tournants de son œuvre, nourrissant chez lui un goût grandissant pour la musique religieuse. Durant les trois dernières années de sa vie, Mozart recopie nombre d’œuvres sacrées de compositeurs viennois, réalise plusieurs arrangements d’œuvres de Haendel dont le Messie, et entreprend la composition de cinq messes dont les fragments qui nous sont parvenus témoignent de sa recherche d’une esthétique nouvelle. Bien qu’œuvre de commande, le Requiem coïncide parfaitement avec les aspirations de Mozart de cette période qui élabore un langage nouveau dont deux traits caractéristiques sont, selon les mots du compositeur Pierre-Henri Dutron « un resserrement du matériau à sa plus simple expression et un rapport grandissant à l’écriture contrapuntique ». Pratique inhabituelle chez Mozart, l’utilisation de brouillons pour la composition du Requiem confirme le caractère expérimental de son travail. 
Des quatorze pièces que comporte le Requiem, il n’a achevé que la première : l’Introïtus. Du Kyrie à l’Hostias, seuls les lignes vocales et quelques fragments d’orchestre nous sont parvenus. Et à partir du Sanctus, plus rien…
Le miracle du Requiem, dont la puissance émotionnelle reste encore aujourd’hui unique et universelle, tient sans aucun doute au génie de Mozart, dont le style encore en devenir avait déjà acquis une telle aura qu’il a suffi à Sussmayr, élève sans grand talent de Salieri, de se laisser porter par l’impulsion créatrice du Maître dans son travail de complétion. Le Lacrymosa est un exemple parfait de ce prodige : c’est une des plus belle pages de l’histoire de la musique alors que Mozart n’en a composé que huit mesures…

La dernière symphonie « Jupiter », autre chef d’œuvre de la maturité, complète ce programme. Son finale est une autre formidable illustration du goût de Mozart pour l'art contrapuntique. Il est construit sur un contrepoint renversable à cinq voix dont la maîtrise atteint des sommets, en particulier dans la strette qui conclut la symphonie sur une apothéose triomphale.

Crédits photo: 
123/Radist